Épisode 6 · · par Franco Huard

Émission #06 – Les femmes en Franc-Maçonnerie

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Longtemps, on a répété aux femmes que la franc-maçonnerie « n’était pas pour elles ». Dans cette sixième émission de Sous le Bandeau, Franco reçoit sœur Catherine, du Grand Orient du Québec, pour démonter l’idée reçue et raconter une histoire aussi ancienne que méconnue : celle des femmes qui, par accident, par conviction ou par combat, ont pris place dans les loges.

Une promesse tenue

L’épisode précédent — consacré au Grand Orient du Québec, au Grand Orient de France et au rite français — avait tellement plu que les auditeurs réclamaient une suite sur la maçonnerie féminine. Franco livre donc le « produit » promis. Avant d’entrer dans le vif du sujet, il glisse une nouvelle : le souper-présentation sur la franc-maçonnerie qu’il anime avec son frère Sylvain, prévu le 7 mars à Montréal, une conférence d’environ trois heures ouverte à ceux et celles qui songent un jour à frapper à la porte du temple.

Le chemin de Catherine vers la lumière

Catherine appartient au Grand Orient du Québec, une obédience mixte qui initie sœurs et frères. Son intérêt remonte à l’enfance, aux livres empilés sur la banquette arrière de la voiture de son père, qu’elle feuilletait avant même de savoir lire. Adulte, c’est une émission de radio publique qui, en 2005, lui apprend que la Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France donne une conférence publique à Montréal, via l’antenne locale de l’obédience. Elle y découvre qu’une femme peut, contrairement à ce qu’elle croyait, entrer en maçonnerie, et fait ses premiers pas en 2006. À l’époque, beaucoup pensaient encore que cette loge était réservée aux Françaises ; cette ouverture a entraîné dans son sillage d’autres loges vers la mixité, aux côtés du Droit Humain, déjà présent à Montréal.

« Comme disent les maçons du monde entier : ta différence m’enrichit. »

— Sœur Catherine

De Montréal aux États-Unis

Forte d’environ 20 000 membres en France, la Grande Loge Féminine de France essaime en Belgique, en Suisse et jusqu’à Washington. Aux États-Unis, la maçonnerie féminine reste surtout « d’adoption » : des réunions de sororité adossées à des loges masculines, souvent nées dans les grandes universités, héritières des loges d’adoption des XVIIIe et XIXe siècles — sans oublier l’Order of the Eastern Star. Le Grand Orient de France, qui initie désormais des femmes, y possède aussi quelques antennes. À Montréal même, on ne compte qu’environ 3 500 maçons, mais une belle mosaïque de nationalités : Français, Québécois, anglophones, Haïtiens, Belges.

Une galerie de pionnières

Le cœur de l’émission est un défilé de figures oubliées. Élisabeth Saint-Léger, morte en 1775, est tenue pour la première femme franc-maçonne : initiée presque par accident dans un manoir irlandais, après avoir surpris une tenue en écartant une porte — un épisode qui expliquerait, en clin d’œil, l’apparition des couvreurs. Olympe de Gouges (1748-1793), « maçonne sans tablier », signe la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, dédiée à Marie-Antoinette, avant de monter à l’échafaud. Suivent Annie Besant, théosophe et fondatrice du Droit Humain en Angleterre ; Alexandra David-Néel, exploratrice belge et première femme à atteindre le Tibet, initiée en 1899 ; Maria Deraismes, co-fondatrice du Droit Humain avec Georges Martin ; Louise Michel, révolutionnaire et anarchiste à l’origine de la loge « la philosophie sociale » ; Madeleine Pelletier, l’une des premières femmes médecin de France ; et Helena Blavatsky, grande figure de l’ésotérisme.

Des loges d’adoption aux grands combats

Catherine définit la loge d’adoption : d’anciennes loges masculines qui accueillaient certaines femmes sous l’œil bienveillant des frères. En 1945, quatre loges féminines d’adoption prennent leur indépendance sous l’aile de la Grande Loge de France ; l’Union Maçonnique Féminine de France (1952) deviendra la Grande Loge Féminine de France. Ces femmes ont porté de vrais combats de société : l’avortement libre et gratuit — défendu par Simone Veil, ministre sous Chirac et bientôt panthéonisée — et la laïcité. Côté masculin, Catherine rappelle Jules Ferry et son école gratuite : preuve que la maçonnerie agit aussi dans le monde profane.

Ce que la maçonnerie exige vraiment

Les deux hôtes tiennent à casser les fantasmes : la franc-maçonnerie n’est ni une agence de rencontre, ni un cours de croissance personnelle, ni une thérapie, ni une technique New Age — et surtout pas une secte.

« Une secte, c’est facile à y entrer et difficile à en sortir. La maçonnerie, c’est difficile à y entrer et facile à en sortir. »

— Franco

Reste la méthode : régularité, persévérance, humilité. Franco la compare au jiu-jitsu brésilien qu’il pratique depuis novembre — mêmes gestes répétés, même patience, même travail sur soi — pendant que Catherine évoque la pierre que l’on polit jusqu’au sable. Pour commencer, ils recommandent deux lectures : le « Que sais-je ? » de Paul Naudon et « La franc-maçonnerie pour les nuls ». Le dernier mot revient à Catherine, qui invite les profanes — les femmes en premier lieu, mais aussi les hommes — à s’informer auprès du Grand Orient du Québec.

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Sujets : Grand Orient du Québec · Podcasts

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