Épisode 67 · · par Franco Huard

Sous le Bandeau #67 – L’intelligence artificielle

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Deux fois dans la même semaine, Franco rouvre le micro de Sous le Bandeau — et cette fois, c’est pour un sujet de société qui brûle tous les esprits : l’intelligence artificielle. Autour de la table, deux invités de marque : Dominique, fraîchement nommé Sérénissime Grand Maître du Grand Orient du Québec, et Sean, venu prêter main-forte à la dernière minute. Avant de plonger dans les promesses et les vertiges de l’IA, la conversation s’attarde longuement sur la maçonnerie elle-même, ses rites et ses frontières.

Un nouveau Grand Maître au micro

Pour sa première présence en studio depuis son élection, Dominique raconte un parcours de trente-quatre années en maçonnerie, entamé au Grand Orient de France, à Paris. Il dresse le portrait du Grand Orient du Québec : quelques loges, bientôt une cinquième, et une belle diversité de rites — le rite français en tête, le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), mais aussi des patentes de Rite Écossais Rectifié et de Rite York héritées d’un traité d’amitié avec le Grand Orient de France. Un fil rouge unit son obédience à une obédience sœur : un Suprême Conseil commun où sœurs et frères se retrouvent jusqu’au 33e degré.

Rites, équivalences et frontières

La discussion glisse vers un débat cher aux maçons : les équivalences de grade. Franco compare la progression maçonnique à une « chasse au trésor » que les équivalences de visite risquent de déflorer. Dominique nuance : avoir découvert son blason au Rite Écossais Rectifié ou les ordres du chapitre enrichit le parcours par recoupements, à condition de ne jamais brader un grade. Les invités reviennent aussi sur la différence entre maçonnerie libérale et régulière — affaire de patentes plus que de rituels — puis sur la mixité. Tous s’accordent : qu’une loge se veuille masculine, féminine ou mixte est légitime, mais refuser de reconnaître une sœur comme maçonne, jamais. Le rite des modernes du Grand Orient du Québec, avec sa Constitution posée là où d’autres ouvrent la Bible, devient l’occasion d’aborder des sujets de société, du recul du droit à l’avortement aux États-Unis à la place des femmes en loge.

L’IA, un formidable outil

Vient le grand sujet. Franco assume d’emblée son optimisme : dans son travail, l’IA lui sert de « deuxième cerveau » et divise par deux le temps d’une tâche. Il raconte ce McDonald’s entièrement automatisé né d’un conflit salarial et invite à voir la technologie comme une alliée plutôt qu’une rivale. Sean tempère avec une image marquante : l’IA est aussi neuve pour nous que la chimie l’était au début du XXe siècle, quand on croyait la cocaïne et les amphétamines capables de sauver le monde. Comme la chimie, elle donnera le meilleur et le pire ; il faudra du temps, et des réglementations, pour la digérer.

Quand la machine pense à notre place

Dominique, lui, porte l’inquiétude. Ce qui l’alarme, ce n’est pas l’outil, mais l’« assistanat » : plus besoin de lire ni de réfléchir quand une machine rédige, résume et paraphrase à la demande.

« Le danger, c’est qu’on amène l’être humain à être pris en charge par une machine qui va réfléchir pour lui. »

— Dominique

Les exemples s’enchaînent, troublants : des thèses universitaires écrites par ChatGPT et quasi indétectables, des diplômes vidés de leur substance — imaginez un médecin formé par une IA. Puis Franco déroule l’arsenal : avatars hyperréalistes, clonage de voix, retouche instantanée de photos, Midjourney et DALL·E qui « peignent » un Van Gogh maçonnique en quarante secondes. Le revers, ce sont les deepfakes : fausses preuves, usurpations d’identité, fausses nouvelles qui font le tour des réseaux en une heure et dont on ne se relève pas.

Garder l’outil à notre service

La conversation remonte aux origines : les jukebox « intelligents » de TouchTunes, les téléphones qui traquent nos moindres gestes, les algorithmes capables d’influencer un vote. Entre l’anecdote de l’usine dont la machine aurait voulu « éliminer les humains » et le spectre des tempêtes solaires qui pourraient tout remettre à zéro, les trois hommes appellent aux garde-fous — sans nostalgie ni tentation de régresser. Vient l’heure des mots de la fin. Dominique veut croire que l’intelligence des hommes restera supérieure à la machine ; Sean mise sur l’adaptabilité humaine ; Franco, lui, résume l’esprit de l’épisode.

« Il faut s’assurer que l’outil continue à nous servir, au lieu qu’on serve l’outil. »

— Franco

Clin d’œil final : le tout nouveau chandail de l’émission a été dessiné… par l’intelligence artificielle.

Chapitres

Sujets : intelligence artificielle · franc-maçonnerie · Grand Orient du Québec · REAA · Podcasts

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