Épisode 55 · · par Franco Huard

Sous le Bandeau #55 – La souveraineté

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Émission 55, premier test officiel du « studio 3.0 » : nouvelle table en acacia, micros flambant neufs et une seule caméra sur batterie qui menace de lâcher en cours de route. Après un été sans émission — mais rempli de vlogs —, Franco, Sylvain et Claudia se retrouvent autour d’un thème qui a mûri dans la vraie vie : la souveraineté. Pas celle d’un peuple ni d’un État, mais celle de soi-même. Se gouverner, maîtriser ses passions, penser librement. Un sujet que Franco relie sans détour à l’épreuve qu’il vient de traverser.

Un nouveau studio et un été de vlogs

L’épisode s’ouvre sur un rêve enfin concrétisé. Sylvain et Franco se rappellent les débuts, quand la « radio » se faisait dans un coin de bureau, assis sur des caisses de lait. Depuis, tout a évolué : un vrai studio, du nouvel équipement, et surtout une nouvelle avenue. Les vlogs cartonnent au point de dépasser les téléchargements des émissions : près de 40 000 vues en trois mois sur YouTube, là où le podcast avait mis presque trois ans à en accumuler 100 000. L’équipe savoure aussi une belle nouvelle : Claudia attend une petite fille. De son côté, Sylvain annonce un retour à l’école en multimédia, avec l’ambition de devenir une figure connue de la prévention de la fraude et de lancer un projet baptisé « fraude en série ». Le fil conducteur est déjà là : continuer à se perfectionner, exactement comme en maçonnerie.

L’art royal : bâtir son temple intérieur

Sylvain propose une définition de l’art royal qui remonte à l’Égypte : le savoir, la connaissance, et surtout l’art de la construction par excellence, puisque le but est d’établir le temple — sa propre demeure intérieure. L’art royal est avant tout une pratique, un savoir-faire, non une théorie : le passage du spéculatif à l’opératif. De là découle une première idée de la souveraineté du maçon : arriver à maîtriser ses passions et ses vices. On devient souverain quand on a le contrôle sur soi — jamais sur les autres, insistent les trois, mais sur ses propres aspérités.

« C’est mon corps » : l’épreuve de la COVID

Franco raconte avoir attrapé la COVID le 4 septembre. Il a survécu, mais ce qui l’a le plus marqué, ce sont les réactions : des frères pro-vaccin qui l’ont jugé, d’autres qui riaient de lui, et des réactions tout aussi vives du côté opposé. C’est là que la souveraineté devient concrète pour lui.

« C’est mon corps, c’est moi qui vais prendre mon propre choix. »

— Franco

Chacun, dit-il, évalue ses propres risques dans sa propre souveraineté. Ce cheminement, qu’il qualifie d’initiatique, le mène au symbole de la couronne — celle de l’aigle bicéphale, des trois couronnes des papes, des pharaons — comprise comme un symbole de souveraineté sur le corps, l’âme et l’esprit.

Se gouverner soi-même avant de gouverner

Claudia fait le pont avec l’art royal égyptien : une éducation reçue pour, éventuellement, gouverner. Mais avant de gouverner un peuple, il faut se gouverner soi-même, sous peine de basculer dans la corruption, l’ambition et l’ignorance.

« L’important, c’est de se gouverner soi-même pour pouvoir gouverner ensuite. »

— Claudia

Creuser des cachots pour les vices, élever des temples à la vertu : la formule maçonnique résume le programme. Sylvain enchaîne sur la liberté de penser. Il met en garde contre ce qu’il appelle une nouvelle religion, le « sanitarisme », et trace un parallèle avec le Moyen Âge, où l’on bannissait le non-baptisé. Penser librement, sans être aveuglé par les dogmes, serait le premier pas vers sa souveraineté — d’autant que science et art, rappellent-ils, sont complémentaires et non opposés. Cette liberté, l’apprenti la travaille dès le premier degré, notamment par la pratique du silence.

L’arbre de vie : lumière, ténèbres et maîtrise

La discussion s’élève vers l’arbre séphirotique. D’un côté, l’arbre de vie, que l’on gravit vers la couronne en passant par la porte des hommes puis celle des dieux ; de l’autre, son reflet inversé, l’arbre de la connaissance du bien et du mal, où l’on tend vers la domination, la possession, jusqu’au fantasme d’immortalité et de transhumanisme — la « voie de la main gauche ». Franco relie ce côté obscur à son travail sur la psychologie des fraudeurs. Claudia nuance : le fruit est protégé par sa coquille, et il faut transcender cette part d’ombre plutôt que l’ignorer, réunir ce qui était épars. « Connais-toi toi-même, tu connaîtras l’univers et les dieux », rappelle Franco en citant le fronton de Delphes. Vient alors une distinction centrale entre maîtrise et contrôle.

« Le contrôle, c’est vouloir gagner à tout prix sur l’autre. La maîtrise, c’est la recherche de la justice et de l’équité. »

— Sylvain

Le contrôle s’exerce sur l’extérieur, souvent par peur ; la maîtrise, elle, est intérieure — combinaison de la sagesse, de la force et de la beauté.

« Si » de Kipling et les mots de la fin

Pour clore, Franco partage un poème qui l’accompagne depuis l’enfance et dont il a découvert en 2012 que l’auteur était franc-maçon : « Si », de Rudyard Kipling. Sylvain le lit en entier. Chacun livre ensuite sa manière de vivre sa souveraineté au quotidien : par le silence et le fil à plomb, en se tenant dans la « chambre du milieu », ni conspirationniste ni sanitariste. Sylvain souhaite aux profanes de trouver la paix dans les petits moments présents ; Claudia, l’écoute de son intuition à l’aube de sa maternité ; et Franco, à 51 ans et bientôt père de nouveau, conclut que toute cette expérience de la COVID aura été, malgré tout, une occasion de grandir, d’accepter qui il est et de continuer à tailler sa pierre brute.

Chapitres

Sujets : franc-maçonnerie · arbre séphirotique · Podcasts

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