· par Franco Huard

En visite à la Grande Loge du Texas | Voyage au Texas | VLOG | Sous le Bandeau | Épisode #10

Deux heures de route, un ciel texan à perte de vue, puis les portes massives d’un temple qui tient plus du monument que de la loge de quartier : pour ce dixième vlog, Franco pousse jusqu’au Grand Temple de Waco, siège social de la Grande Loge du Texas. À l’accueil, un frère du nom de Billy — directeur du musée de la franc-maçonnerie de l’obédience et animateur d’un balado maçonnique anglophone — l’attend pour une visite guidée de plus de deux heures. Caméra à l’épaule, on entre avec eux.

Une obédience née sous un chêne

Dès le hall, une statue donne le ton : celle d’Anson Jones, premier Grand Maître de la Grande Loge du Texas. Billy remonte le fil : trois loges texanes, d’abord placées sous la protection de la Louisiane — le Grand Maître Holland y ayant accordé les dispenses nécessaires — se réunissent pour fonder la Grande Loge en 1837, après une première demande vers 1835. Quelque part au sud de Houston, un parc abrite encore le chêne sous lequel les frères fondateurs se sont rassemblés. Il raconte aussi une curiosité d’archives : les plus vieilles chartes portaient la mention « AYM » (Ancient York Masons) avant que l’obédience ne se fixe, autour de 1900, sur « Ancient Free and Accepted Masons ». Les hauts grades du Rite écossais, eux, sont venus bien plus tard.

Un rite bien à elle

Au Texas, les trois premiers degrés se travaillent selon le seul rite américain — et en anglais uniquement. Malgré l’héritage hispanique de l’État, impossible d’ouvrir une loge en espagnol tant qu’une résolution ne l’autorise pas. Franco, lui, décrit la mosaïque québécoise : York, Écossais, Français… Billy évoque les rares exceptions du continent, comme la loge Étoile Polaire à La Nouvelle-Orléans ou L’Union Française à Manhattan, où il a un jour assisté à une initiation au Rite français. Côté chiffres, l’obédience réunit aujourd’hui environ 67 000 membres répartis dans tout l’État — un sommet perdu, puisqu’elle en a déjà compté plus de 200 000.

Pourquoi la fraternité s’essouffle

C’est LA question de Franco, qu’il porte depuis des années à la radio : pourquoi tant de frères quittent-ils la maçonnerie ? Pour Billy, la réponse tient en peu de mots — la concurrence du temps.

« La réunion de loge doit être plus intéressante que ça. »

— Billy

Il cite un ancien Grand Maître, l’orateur Joel P. Lightfoot, dont les discours dactylographiés faisaient quarante pages — une heure et demie de conférence, la norme dans les années 1940. Impensable aujourd’hui ? Peut-être pas : Billy renvoie au succès des balados de trois heures, façon Joe Rogan, preuve que le public reste capable d’attention quand la qualité est au rendez-vous. À force de tout découper en segments à la TikTok, dit-il, on finit par créer l’attente qu’il faille tout raccourcir.

Histoire, ésotérisme et jeunes générations

Second surveillant de la Texas Lodge of Research, Billy avoue écrire des planches purement historiques… alors que ce sont les sujets ésotériques qui suscitent le plus d’intérêt, y compris sur le balado qu’il anime avec des frères de la loge Fort Worth n° 148. Un besoin de sens, de reconnexion, analyse-t-il.

« On priorise ce qui nous apporte de la valeur. »

— Billy

Franco revient alors à sa mission : rejoindre les jeunes, rivés à leur téléphone et qui ne connaissent la franc-maçonnerie que par les vidéos complotistes de YouTube ou les fictions de Dan Brown. Leur montrer de vrais maçons et le travail sur soi — la fameuse pierre brute — plutôt que les fantasmes. Peut-on visiter les temples ? « Absolument », répond Billy. De quoi conclure, sourire aux lèvres, un dixième vlog résolument tourné vers l’ouverture.

Chapitres

Sujets : Grande Loge du Texas · Franc-maçonnerie · VLOG · VLOG

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