· par Franco Huard

CLIPSAS 2026 | Sous le Bandeau | VLOG | Épisode #49

Il y a des voyages qu’on fait pour le travail, et d’autres qu’on fait pour réparer quelque chose. Celui-ci est du second genre. Franco boucle ses valises, monte dans la voiture direction l’aéroport, et lance la caméra avant même d’être arrivé : il retourne en Europe, et cette fois c’est un voyage maçonnique. Quelques jours à Paris, puis Sofia — et un compte à régler avec lui-même autant qu’avec les autres.

« Il est temps de passer la truelle »

C’est la partie du vlog qu’on n’attendait pas sur le chemin d’un aéroport. Franco s’explique, longuement, sur le conflit qui l’a tenu éloigné du CLIPSAS pendant plus de deux ans.

Son point de départ est une distinction que beaucoup ont oubliée en route : le CLIPSAS n’est pas une organisation maçonnique. C’est une association de droit français, régie par la loi de 1901, qui fédère des obédiences autour de projets communs. Le désaccord ne portait pas sur un principe initiatique mais sur l’interprétation de règlements généraux — et c’est pour cela qu’un avis juridique externe a été demandé.

Cette démarche lui a valu des reproches, parfois durs : pas fraternel. Il retourne l’argument, et l’image qu’il emploie vaut d’être retenue.

« Pour moi, c’était extrêmement fraternel, parce que ça permettait d’avoir une triangulation. En loge, on ne se parle pas directement : on parle au vénérable maître, c’est lui qui donne la parole. Dans ce conflit-là, il n’y avait plus moyen d’avoir une communication de personne à personne. On avait besoin de cette triangulation pour avoir une réponse. »

— Franco

La justice a tranché. Franco dit avoir fait la paix avec le jugement : on a demandé un avis, on l’a payé, on a eu une réponse. Depuis, les échanges avec le président ont repris. Reste le geste — se présenter sur place, observer, et voir.

« Je ne suis pas en maçonnerie pour ramener du profane. Je suis en maçonnerie pour construire, pour continuer à grandir, pour travailler sur moi-même. »

— Franco

Paris : Michael découvre l’Europe

Changement complet de registre. Le frère Michael n’était jamais venu en Europe, et il a une liste. Première ligne : la Tour Eiffel. Trente-six euros pour monter — « ça n’a aucun sens » — sous la pluie, avec une vue qui ne montre pas grand-chose. Mission accomplie quand même, et retour au sol par les escaliers, à pied, parce que les deux hommes se sont dit qu’ils étaient un peu fous.

Puis Michael découvre le TGV. Franco commet l’erreur de mentionner qu’on peut aller à peu près partout avec, et prononce le mot « Amsterdam ». À partir de là, le programme lui échappe. Il reste une journée avant le départ pour la Bulgarie, et il n’est plus certain de repartir accompagné.

Chez Mario : les rumeurs faites par un blogueur

Le souper parisien tourne à l’interview. Autour de la table, le frère Jean, le frère Jacques Carletto, et Franck Fouqueray — à qui Franco pose sans détour la question lancée par un blogueur : celui-ci prétend qu’il ne serait plus franc-maçon.

« D’abord, la démaçonnisation n’existe pas. Un maçon reste un maçon — du moins il le reste si son cœur veut rester maçon. Est-ce que mon cœur est toujours maçon ? Est-ce que mon esprit est toujours maçon ? La réponse est oui. »

— Franck Fouqueray

Il confirme sa loge, ses tenues, son tablier et ses gants, et invite quiconque en doute à venir vérifier sur place. Sur ceux qui propagent ces rumeurs, son diagnostic est sans détour : de la jalousie, et une manière de compenser un lectorat qui s’effrite. Il en profite pour défendre un compagnon visé par les mêmes attaques.

La conversation glisse ensuite vers l’édition. Le frère Jacques Carletto dirige chez Dervy la collection « Les outils maçonniques du XXIe siècle » — cinquante ouvrages en dix ans, dont plusieurs signés par les convives présents. Après une décennie, il ouvre une nouvelle collection, « Regard sur les nouvelles spiritualités », pour sortir du strict cadre maçonnique. Cinq titres sont déjà parus, et l’invitation est lancée : les auteurs canadiens qui veulent y contribuer sont les bienvenus.

Sofia : plus de cent participants, et une question

Direction la Bulgarie — la troisième fois pour Franco, et il ne s’en cache pas : c’est une maçonnerie où il se sent chez lui. Plus d’une centaine de participants annoncés, une journée entière de colloque où chaque obédience présente ses travaux, et un temps splendide sur Sofia.

Mais tout n’a pas été filmé. Franco le dit clairement à la fin du vlog : certains participants ont demandé de la discrétion, et cela a été respecté. Ce qu’il a choisi de garder, en revanche, c’est le projet jeunesse.

Le porteur du projet monte à la tribune, rappelle que l’assemblée a passé la veille à parler du spéculatif et de l’opératif — et que le moment est venu de passer de l’un à l’autre. Puis il fait exactement ce qu’il avait annoncé l’année précédente : il laisse les jeunes parler eux-mêmes. Anastasia et André prennent la parole devant la salle.

« Quel genre d’avenir construisons-nous aujourd’hui ? Qui va hériter, dans vingt ou trente ans, de ce que nous faisons maintenant ? Et la future génération de maçons sentira-t-elle que la maçonnerie lui parle ? »

— Anastasia

Son constat sur l’époque est net : une quantité infinie d’information qui manque de sens, des gens connectés en permanence et pourtant seuls, en quête de fraternité et de repères. Précisément ce que la maçonnerie propose depuis toujours. Mais elle refuse l’attentisme — on ne peut pas rester assis à attendre que les jeunes viennent d’eux-mêmes. Il faut aller vers eux, les guider, leur donner de l’espace pour grandir, prendre des responsabilités, parler.

Et sans exclure personne : le projet réclame aussi les maçons expérimentés, pour construire un pont entre les générations autant qu’entre les pays. Onze pays sont déjà représentés — Kirghizistan, Russie, Kazakhstan, Italie, France, Monténégro, Bulgarie, Albanie, Madagascar, Espagne et Canada.

« Nous construisons l’avenir aujourd’hui, pas demain. La franc-maçonnerie a survécu des siècles parce que chaque génération a accepté sa responsabilité envers l’avenir. »

— Anastasia

Le retour, et une soupe à l’oignon

Sofia – Paris – Montréal, avec un vol retardé pour une raison que Franco trouve trop belle pour ne pas la raconter : la présence à bord de Dara, la chanteuse bulgare gagnante de l’Eurovision. Le retard a failli leur coûter la correspondance.

Il restait une mission à Paris : une soupe à l’oignon gratinée. Tous les restaurants étaient fermés. Échec total, et le seul du voyage.

Pour le reste, le bilan est celui d’un homme agréablement surpris. Il repart avec de bonnes nouvelles à rapporter, et une conviction qu’il ne cache pas :

« La jeunesse en franc-maçonnerie, c’est l’avenir. C’est sûr et certain. Vous allez toujours m’entendre parler de ça. »

— Franco

Chapitres

Sujets : CLIPSAS · Paris · Franc-maçonnerie · Franck Fouqueray · VLOG · VLOG

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