Épisode 25 · · par Franco Huard

Émission #25 – Les Apprentis!

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Ça faisait trop longtemps que Franco n’avait pas ouvert le micro — assez pour « partir en perte de mémoire », plaisante-t-il — mais l’émission #25 valait l’attente. Autour de la table, cinq « éternels apprentis » se réunissent pour disséquer le premier degré de la franc-maçonnerie: celui qu’on croit le plus simple et qui se révèle, à l’usage, le plus profond. Sans jamais dévoiler de secret rituel, Franco, son partenaire Sylvain et trois apprentis — Catherine, Claudia et Mickaël — racontent ce que veut vraiment dire commencer.

Cinq apprentis autour d’une même table

Le plateau réunit des parcours volontairement contrastés. Catherine vient tout juste d’être initiée, le 31 mars; Mickaël, initié en décembre, cumule cinq mois aux Amis Réunis, une loge du Grand Orient du Québec au rite français; Claudia, elle, occupe déjà la fonction de deuxième surveillante et parle de l’apprentissage comme de son sujet de prédilection. Détail savoureux: Mickaël confie que son chemin maçonnique a commencé en écoutant Sous le Bandeau, avant une rencontre dans un événement de podcast. « The circle is complete », résume Franco.

Le silence, première épreuve

Pour Claudia, le premier degré est le socle de toute la démarche, et sa perle la plus transformatrice porte un nom: le silence. Pas seulement l’abstention de parole, mais un silence du corps, sans réactions d’approbation ou de désaccord, un accueil de l’autre dans le non-jugement.

« C’est à partir du silence intérieur qu’on peut vraiment descendre à l’intérieur de nous et aller voir qui on est. »

— Claudia

Elle avoue tout de même que l’attente a été rude: l’envie de tout faire, de tout occuper, refroidie par les frères plus anciens — « reste sur ta colonne » — jusqu’à comprendre la profondeur cachée derrière une apparente simplicité.

Du monde profane au monde sacré

Mickaël décrit l’apprentissage comme une étape transitoire: avant d’être apprenti, on était profane, et « tout ce qu’on connaissait de la franc-maçonnerie était plutôt inexact ». Il s’agit d’abord de s’approprier l’univers, l’atmosphère, la fraternité, avant même de déchiffrer les symboles. Catherine, longtemps rebutée par l’image « masculine et âgée » de l’Ordre, dit sa surprise de découvrir une loge jeune et diversifiée. Sylvain, lui, ramène tout le monde à l’image du bandeau qu’on retire: on prend alors la mesure de la moyenne d’âge réelle, ce qui éclaire aussi certains ratés d’organisation, comme les visites guidées annulées faute d’inscriptions au congrès du CLIPSAS.

Liberté de penser et « cordonnite »

Ancien conspirationniste entré au départ « pour infiltrer » la maçonnerie, Sylvain livre le témoignage le plus fort de la soirée: il n’y a jamais trouvé de rituel satanique, mais la découverte du sens premier de la liberté.

« La liberté, ce n’est pas une liberté physique dans laquelle on peut faire ce qu’on veut. La liberté, c’est celle de pouvoir penser. »

— Sylvain

De là découle une mise en garde partagée par Franco: dès qu’on croit détenir la vérité, on est « dans le champ ». Il baptise même la maladie qui guette les grades — l’ego du « je sais tout, ça fait trente ans que je suis en maçonnerie » — la « cordonnite ». L’antidote? Le silence, l’observation, et ce miroir initiatique qui renvoie chacun à ses propres défauts, ceux d’une loge conçue comme une micro-société.

De la tête au cœur, et les planches

Le fil rouge de l’épisode, c’est le passage « de la tête au cœur », un enseignement que Franco rapproche d’autres voies initiatiques. L’apprenti, malgré son silence en loge, dispose d’un moyen d’expression: la planche, ce texte qu’il rédige et présente. Catherine, qui « déteste l’écriture » au point d’avoir quitté l’université pour cela, s’étonne d’en enchaîner déjà trois, portée par de véritables remontées d’énergie et de souvenirs. Mickaël prépare les siennes en ateliers d’apprentis, en civil, encadré par le second surveillant. Quant à Franco, il avoue en avoir écrit seize: chaque fois qu’il posait une question de trop, son parrain lui répondait « fais-moi une planche là-dessus ».

Rester ou partir

La discussion se termine sur une réalité crue: environ 60 % des apprentis quittent dès la première année. C’est ce constat qui a poussé l’équipe à revoir ses méthodes d’accueil et d’accompagnement pour mieux retenir les nouveaux. Le remède tient en une chaîne d’union bien réelle — parler à ses frères et sœurs, à son parrain, plutôt que de ruminer seul dans son coin. Et un ordre à respecter, rappelle Franco: se changer soi d’abord, puis sa loge, puis le monde. En clôture, il annonce une tenue blanche ouverte avec François Padovani, président du CLIPSAS, et invite les profanes curieux à simplement frapper à la porte d’une loge.

Chapitres

Sujets : Franc-maçonnerie · CLIPSAS · Grand Orient du Québec · Rite écossais ancien et accepté · Planches maçonniques · Podcasts

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