Épisode 11 · · par Franco Huard

Émission #11 – La St-Jean d’été

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Il fait plus de 27 degrés à Montréal, l’année maçonnique tire à sa fin et la délégation de Sous le Bandeau — Franco, Sylvain, Claudia et Hervé — s’installe pour une soirée estivale, tout juste rentrée d’un voyage à Barcelone. Au programme de cette onzième émission : la Saint-Jean d’été, cette fête du solstice où se croisent le calendrier maçonnique, l’histoire du Québec et une bonne dose de fraternité (et de taquineries entre frères).

Un livre rare et un retour de Barcelone

La soirée s’ouvre sur un cadeau. Un auditeur membre de la Grande Loge du Québec a prêté à Franco un ouvrage introuvable, History of Freemasonry in Quebec, publié en 1960, sans ISBN et tiré à très petit nombre. Franco en offre une copie à Claudia, perpétuant une tradition qu’il tient de son parrain maçonnique : offrir un livre ou réclamer une planche. La délégation revient aussi tout juste d’un voyage marquant à Barcelone, dont l’énergie fraternelle irrigue toute l’émission.

CLIPSAS 2019 : la maçonnerie mondiale à Montréal

Grande nouvelle : Montréal accueillera le CLIPSAS en mai 2019. Sylvain rappelle qu’il s’agit du centre de liaison des puissances maçonniques signataires de l’appel de Strasbourg, une union d’obédiences vouée à l’amélioration de la condition humaine et disposant même d’un siège à l’ECOSOC des Nations Unies. On parle de plus de 350 personnes, représentant environ 70 pays, avec l’appui d’organismes comme Tourisme Montréal. La délégation savoure déjà l’ampleur de l’événement.

« On a gagné les Olympiques maçonniques à Montréal. »

— Sylvain

Le 24 juin : aux origines de la Saint-Jean

D’abord fête païenne du solstice d’été, le 24 juin est devenu, avec les premiers colons, une fête religieuse puis nationale. Sylvain souligne le rôle des maçons dans l’histoire du Québec : c’est le frère Eugène-Étienne Taché qui, en 1883, fit graver la devise « Je me souviens que née sous le lys, je crois sous la rose », dont la version abrégée orne aujourd’hui les plaques d’immatriculation. Chaque 24 juin, des frères se réunissent aussi sur une montagne de l’Estrie, où se cache un temple maçonnique au sommet d’une piste de ski ; cette année, ce sont les Sons of the Widow, un groupe de motards maçons, qui s’y retrouvent la veille. Sylvain évoque enfin l’observatoire Fabra, à Barcelone, qui abrite une loge sous son télescope.

Deux saint Jean et le symbolisme de la lumière

Après la pause, la discussion plonge au cœur du sujet : il existe deux saint Jean. Hervé, fidèle à sa « franc-maçonnerie pour les nuls », caractérise Jean le Baptiste par un verbe — annoncer : annoncer la venue du Christ comme le solstice annonce l’été. Claudia, de son côté, a fouillé le cas de Jean l’Évangéliste, fêté le 27 décembre et rattaché à la Saint-Jean d’hiver, et rappelle le culte romain de Janus, ce dieu à deux visages tourné vers le passé et l’avenir. Le fil conducteur reste la lumière : comme la lune s’efface avant l’aube, Jean le Baptiste a prêché pour annoncer la vraie lumière, et le livre saint est souvent ouvert à l’évangile de Jean.

Templiers, trésors et Nouvelle-France

Sylvain déroule ensuite une fresque à la fois historique et spéculative. Il rappelle qu’en 1834, le frère Ludger Duvernay, natif de Varennes, fonda une société d’entraide sous la devise « Aide-toi et le ciel t’aidera » — l’ancêtre de la Société Saint-Jean-Baptiste. Puis il s’aventure dans les théories templières : commanderies établies avant Jacques Cartier, prince Henri Sinclair débarquant en Nouvelle-Écosse en 1398, trésor caché à l’Île-aux-Chênes (Oak Island) et son fameux Money Pit, manuscrits de Qumran évoquant une terre nommée « Merica », Saint Graal et lignée du Christ. De l’Acadie (Arcadia) aux peuples des Premières Nations, jusqu’au Da Vinci Code de Dan Brown, l’imagination galope — le tout ponctué par l’imitation, par Claudia, de l’émission Oak Island.

Ce que l’été veut dire pour le maçon

La dernière partie ramène tout le monde à l’essentiel. Pour Hervé, la Saint-Jean d’été est une préparation à la lumière après les longs mois d’hibernation intérieure. Sylvain y voit un cycle de mort et de renaissance ; Claudia, un moment charnière entre deux années maçonniques, où l’on porte seul son travail dans le monde profane, comme Jean au désert.

« Pour moi, la Saint-Jean, c’est une préparation à la lumière. On a été dans l’obscurité pendant un bon moment. »

— Hervé

L’émission se termine sur des sujets plus concrets — la loge de Saint-Jean d’été parfois ouverte aux profanes, les tenues funèbres, et l’annonce d’une soirée d’information sur la franc-maçonnerie le 12 juillet — avant un fou rire général : le récit du mauvais coup monté à Barcelone pour effrayer Hervé, mannequin et faux cadavre à l’appui.

Chapitres

Sujets : CLIPSAS · Templiers · Symbolisme maçonnique · Franc-maçonnerie québécoise · Podcasts

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