· par Franco Huard
COMAM 2024 | Bogotà | Sous le Bandeau | Épisode #45
Cap sur la Colombie. Pour ce quarante-cinquième épisode, Franco boucle ses valises et file à l’aéroport de Montréal, un peu fatigué — quatre heures de sommeil au compteur — mais surtout impatient : direction Bogotá pour une nouvelle édition du COMAM, la Conférence Maçonnique Américaine. C’est sa huitième participation consécutive, un an après le vlog déjanté de Las Vegas, et sa toute première fois en Colombie. Il nous embarque dans ses bagages pour un long week-end de fraternité au cœur des Andes.
Un départ aux aurores et un long périple
Le voyage, à lui seul, vaut le récit. Parti de Montréal à 7 h, Franco atterrit à Atlanta à 9 h 54, patiente six heures, puis reprend l’air pour Bogotá. Arrivée à 19 h 30… mais il faut encore deux heures pour franchir les douanes. Surprise à la sortie : une taxe d’entrée de 86 $ CA appliquée aux Canadiens, en réciprocité des frais que les Colombiens doivent acquitter pour visiter le Canada. Il ne rejoint son hôtel qu’à 22 h 25, épuisé, mais fin prêt pour le week-end.
L’« heure du COMAM »
Premier matin de conférence, il est déjà près de 9 h. Franco s’en amuse : après une dizaine d’années à fréquenter le COMAM, il sait qu’une séance annoncée à 8 h ne démarre jamais avant 9 h 30 ou 10 h. Son frère Rachid — celui qui lance invariablement son « Franco, where’s the website? » à chaque vlog — lui jure pourtant que, cette fois, tout commencera à 8 h pile. Franco n’y croit pas une seconde… et il a raison. Loin d’être un défaut, cette souplesse fait pour lui la beauté de cette maçonnerie des Amériques.
« On y va selon l’inspiration. »
— Franco
Le colloque : la place des femmes en franc-maçonnerie
Le cœur de l’événement est un colloque consacré à « la participation des femmes dans la franc-maçonnerie contemporaine ». Dans la salle, les Amériques au grand complet : Grande Loge mixte du Chili, Grand Orient du Brésil, obédiences de Colombie, du Paraguay, du Canada et des États-Unis… femmes et hommes libres réunis autour d’un même sujet. L’oratrice rappelle que l’inclusion des femmes n’est pas qu’une question d’égalité, mais une occasion d’approfondir les enseignements de l’ordre, et cite l’un des esprits les plus brillants de l’histoire, première femme à recevoir le prix Nobel.
« Je n’ai jamais cru qu’en tant que femme je devrais avoir des droits spéciaux par rapport aux hommes, car si je le croyais, j’accepterais que je suis inférieure — et je ne suis inférieure à aucun d’eux. »
— Marie Curie
Le colloque se referme sur un appel à l’engagement concret : que les hommes jouent un rôle actif, et non seulement passif, dans cette inclusion, et que ces réflexions soient consignées dans les communications officielles du COMAM plutôt que de rester de belles paroles.
Bogotá, entre accueil chaleureux et « heure colombienne »
Cinq jours plus tard, l’heure du bilan a sonné, et Franco est conquis. Il salue le grand maître de la Grande Loge centrale de Colombie, qui a reçu la délégation aux petits oignons : visite guidée de la ville, sites historiques, jusqu’au point où Bogotá a été fondée. Les travaux ont réuni près de 110 personnes issues de nombreuses obédiences, et la signature d’un traité est venue approfondir les liens fraternels avec les hôtes colombiens. Seul « bémol », vite adopté : l’« heure colombienne ». Ici, tout prend son temps — deux heures pour sortir de l’aéroport, quarante-cinq minutes de route jusqu’au centre-ville tant le trafic est dense (une ligne de métro, comme à Montréal, est d’ailleurs en projet). Un rythme déroutant pour un Nord-Américain habitué à l’efficacité, mais porté par des gens détendus et profondément accueillants.
Une réalité maçonnique variable d’un pays à l’autre
Le sujet des femmes en loge, si évident au Québec, révèle des réalités bien différentes ailleurs. Franco observe qu’aux États-Unis, la maçonnerie dite régulière, rattachée à la Grande Loge d’Angleterre, ne reconnaît généralement pas les sœurs — à l’exception d’obédiences comme la George Washington Union ou le Grand Orient de France présents sur le sol américain ; sinon, la voie féminine passe surtout par l’Order of Eastern Star. De quoi mesurer le chemin parcouru : au Québec, loges mixtes ou féminines vont de soi, une évidence qui n’est pas encore partagée partout.
Chapitres
Sujets : COMAM · Franc-maçonnerie · VLOG

