· par Franco Huard
San José de Maipo | Voyage au Chili (Partie 2) | Sous le Bandeau | VLOG | Épisode #27
Il y a des matins où l’aventure commence par un défi idiot au bord d’une eau glacée et se termine à plus de 2 600 mètres d’altitude, quelque part dans la Cordillère des Andes. Pour cette deuxième partie du voyage au Chili, Franco et son frère Matthew louent une voiture et se lancent sur une route de terre pendant trois heures, direction San José de Maipo. Le plan paraît simple : rouler le plus loin possible, puis marcher jusqu’à des bains chauds naturels, ces bassins que les volcans réchauffent sous la terre. Le reste — les doutes, la gravelle, le silence des montagnes — fait partie du voyage.
Trois heures de piste dans la Cordillère
Matthew a trouvé la destination à la manière d’un explorateur moderne : sur Google Maps, en cherchant le point le plus loin et le plus intéressant à regarder. Résultat, une source thermale au bout du monde et une promesse un peu inquiétante — « à un moment donné, il n’y a plus de route, c’est juste de la gravelle ». Au volant, Franco fait « travailler ses insécurités », coincé dans un bouchon improbable de voitures arrêtées en pleine montagne. Quand la piste devient impraticable, les deux frères garent la voiture, bouclent leurs sacs à dos et continuent à pied. Autour d’eux, le Cajón del Maipo déroule son canyon, sa rivière et un lac de barrage artificiel qui sert à produire de l’électricité. Partis de Santiago, presque au niveau de la mer, ils ont grimpé l’équivalent d’un ascenseur de 2,5 kilomètres en quelques heures.
Une plage privée entre les montagnes
Au bout de l’effort, l’oasis : une « plage privée » nichée dans les Andes, où le vlog touristique laisse place à un segment maçonnique improvisé. Assis entre les sommets, Franco parle de pèlerinage. Il raconte les craintes et les peurs qu’il a dû combattre pour se rendre jusque-là, et le relâchement qui vient enfin, la lune d’un côté, le soleil de l’autre, et eux au milieu.
« Pour moi, aujourd’hui, c’est comme un pèlerinage. »
— Franco
Le Maître Maçon, ce voyageur
Le sujet du jour tombe sous le sens dans ce décor : le Maître Maçon qui voyage de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud, du Nadir au Zénith. Les deux frères rappellent que le compagnon, lui, part avec son baluchon, un pain et une bouteille de vin pour aller vivre ses expériences. Ici, disent-ils, le lieu tient du temple : le silence, l’absence de tout, la sensation d’être « couverts », protégés, libres de se confier des choses qui resteront scellées dans leur vécu partagé.
La maîtrise de soi, de Santiago aux Andes
Pour Matthew, la maîtrise se travaille souvent seul, dans l’inconfort. La veille, il a pris le métro de Santiago — un réflexe qu’il aime avoir dans les villes étrangères — et s’est frotté à des réalités sociales très différentes des siennes. Le fil conducteur : rester maître de ses émotions sans devenir froid, se rendre vulnérable sans se mettre en péril, tenter de parler espagnol pour que les gens s’ouvrent à leur tour.
« Un maçon n’est pas juste un penseur, c’est un bâtisseur. On construit, on doit agir. »
— Matthew
Revenir à la loge, trouver l’équilibre
La pause andine, conclut Franco, ressemble à ce qu’on vient chercher à la loge : un moment pour se déposer, synthétiser ses expériences et les intégrer vraiment, entre la lune et le soleil, les étoiles et la terre. Le vlog se termine sur un clin d’œil à la communauté grandissante de la chaîne et à ces auditeurs qui les suivent de loin — un frère de l’Équateur qui écoute religieusement avec les sous-titres, et jusqu’à une loge au Japon. Depuis ce point presque austral du globe, les deux frères promettent d’envoyer un petit mot aux frères et sœurs de l’extrême sud du continent. Soyons en équilibre.
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