Épisode 35 · · par Franco Huard

Sous le Bandeau #35 – Ordo Ab Chao en Franc-Maçonnerie

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En mars 2020, à peine une semaine après que le gouvernement du Québec eut ordonné le confinement, l’équipe de Sous le Bandeau tente une grande première : diffuser son émission en direct sur Facebook. Franco, entouré de Sylvain, de Claudia et de Thévenin, choisit un sujet on ne peut plus d’actualité — « Ordo Ab Chao », l’ordre qui jaillit du chaos — pour poser un regard maçonnique sur la pandémie qui bouleverse la planète.

Premier direct, en plein confinement

Nouvelle caméra (un iPhone transformé en webcam), nouvelle console audio : l’équipe inaugure son premier live Facebook avec une qualité technique dont elle est visiblement fière. Le tour de table s’ouvre sur le quotidien du confinement — la quarantaine, le télétravail, les enfants qui tournent en rond — et sur une question qui brûle les lèvres : combien de temps tout cela va-t-il durer? Personne ne se risque à une réponse ferme. On évoque la capacité de dépistage qui grimpe (de 600 à quelques milliers de tests par jour), la fermeture des frontières, la carte mondiale des cas en temps réel, et le proactivisme du gouvernement québécois comparé à l’immobilisme observé ailleurs.

Le discernement contre les théories du complot

Parce qu’on est maçon, plusieurs auditeurs appellent Franco pour lui soutirer de « l’information privilégiée » sur les illuminatis qui contrôleraient la pandémie. L’occasion est belle de parler de discernement. Franco raconte s’être lui-même laissé prendre : il avait déniché un brevet de 320 pages sur « le » coronavirus, daté de 2003, et cru tenir la vérité — avant de comprendre que « coronavirus » désigne toute une famille de virus et que la souche de 2020 n’a rien à voir avec ce document. Une leçon d’humilité qui ramène à une vertu maçonnique centrale : questionner l’information, d’où qu’elle vienne, sans gober ni les discours officiels ni les récits conspirationnistes. Le discernement, insistent-ils, doit aussi s’exercer envers nos propres croyances.

Ordo Ab Chao : l’ordre jaillit du chaos

Claudia livre la définition : « Ordo ab chao » est une devise latine du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) qui signifie que l’ordre naît du chaos.

« Ordo ab chao nous rappelle qu’il y a toujours un certain ordre dans le monde, malgré le chaos qu’on peut percevoir. »

— Claudia

Elle y voit déjà des effets à l’œuvre : une entraide nouvelle, une égalité retrouvée face à la maladie, une conscience du gaspillage des ressources, et même un répit pour la planète — l’eau redevenue claire à Venise, la pollution en chute libre au-dessus de la Chine. Le chaos et l’ordre s’échangent leurs places, comme un yin et un yang.

Panique, agrégats et triangle de Karpman

L’envers du décor, c’est la ruée sur le papier de toilette. L’équipe démonte le mécanisme : une rumeur partie de Chine puis du Japon (où l’on a cru les masques faits de la même matière), relayée de proche en proche jusqu’à ce que « si tout le monde le fait, on le fait aussi ». On parle de science des agrégats, d’égrégore, d’inconscient collectif — ces bancs de poissons humains qui se déplacent en même temps sans savoir pourquoi. Sylvain, ancien adepte des théories du complot, explique le triangle de Karpman : dès qu’on entre dans le corps émotionnel, on joue tour à tour le sauveur, le bourreau ou la victime, et l’on finit toujours victime, en perdant son jugement et son discernement. Le conspirationniste, dit-il, se place en sauveur éveillé face à des gouvernements-bourreaux et un peuple-victime.

La conscience, la souffrance et la pierre brute

Sylvain enchaîne sur les stades du développement moral de Lawrence Kohlberg, que Claudia détaille avec précision — sept niveaux, du simple évitement de la punition jusqu’à un stade mystique et métaéthique que peu atteignent. Pour aller plus loin, ils renvoient au dilemme de Heinz : ce n’est jamais le choix qui compte, mais le pourquoi du choix.

« L’être humain apprend de deux façons : soit par la conscience, soit par la souffrance. »

— Sylvain

Franco referme la boucle sur le plan symbolique : l’ordo ab chao, c’est la pierre brute que le maçon dégrossit au maillet et au ciseau. Un temple bâti de pierres mal taillées finit par se fissurer; un frère qui grimpe trop vite dans les hauts grades sans avoir travaillé son humilité tombe « en bas de l’échelle de Jacob ». L’équipe évoque un passé grand maître qui s’était sauvé avec la caisse — un chaos dont la loge a fini par renaître, plus forte — et la destruction répétée du temple de Jérusalem, chaque fois que la corruption s’y installait. En clôture, entre projets de tenues virtuelles, remerciements et une recommandation de film étonnamment initiatique (La Reine des neiges 2), chacun invite les auditeurs à faire du confinement un temps privilégié pour travailler sur soi.

Chapitres

Sujets : COVID-19 · Franc-maçonnerie · REAA · Podcasts

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