Épisode 18 · · par Franco Huard
Émission #18 – La magie de Noël en Franc-Maçonnerie
À l’approche du temps des fêtes, Franco retrouve le frère Sylvain pour une émission spéciale consacrée à la magie de Noël — celle qu’on croit connaître et celle, bien plus ancienne et étrange, qui se cache derrière le solstice d’hiver. Entre un sketch où le Père Noël frappe littéralement à la porte du studio et une plongée dans l’histoire des rites d’hiver, l’épisode glisse du rire à une réflexion sur la mort, la lumière et la renaissance.
Un Père Noël en studio
L’émission s’ouvre sur un clin d’œil à la semaine précédente, où Claudia remplaçait Sylvain pour parler du second surveillant. Puis des grelots résonnent sur le toit : le Père Noël s’invite en direct. Le sketch qui suit est bon enfant — biscuits Oreo, bouteille de Coca-Cola et blagues sur la grève de Postes Canada — pendant que Franco lit les « cadeaux maçonniques » réclamés par les auditeurs sur le forum Facebook de l’émission : une casquette à l’équerre et au compas, des neurones, de la sagesse, un monde meilleur, une bague portée à l’envers en signe d’humilité, et surtout la paix pour Haïti. Le Père Noël en profite pour rappeler que la franc-maçonnerie n’a rien inventé de son personnage.
Aux origines du Père Noël
Le personnage reparti, Sylvain déroule ses recherches. Tout commence avec Saint-Nicolas, évêque ayant vécu entre 270 et 343, protecteur des enfants, né à Patara dans l’actuelle Turquie et connu sous les noms de Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari. Avec l’arrivée du protestantisme, sa figure disparaît d’une partie de l’Europe mais survit en Allemagne et en Hollande sous le nom de Sinterklaas. Les migrants l’emportent aux États-Unis, où le poème « La nuit d’avant Noël » de Clement Clarke Moore, puis les dessins de Thomas Nast dans Harper’s, fixent peu à peu l’image du bonhomme à barbe blanche. La manufacture du Pôle Nord vient du récit de George P. Webster, et c’est finalement Coca-Cola, par son illustrateur, qui répand partout le Père Noël rouge et blanc que l’on connaît.
L’amanite, le champignon des solstices
Sylvain remonte alors à une racine plus surprenante : une vieille coutume hollandaise et germanique où, au solstice d’hiver, le sage du village montait dans la montagne avec un renne et un traîneau pour cueillir un champignon rouge à pois blancs, l’amanite tue-mouche (Amanita muscaria), qui ne pousse que sous les conifères, là où la foudre est tombée. Toxique cru, il devient consommable une fois séché — traditionnellement dans des bas de laine suspendus au-dessus du foyer. Son principe actif, le muscimol, provoque des effets psychotropes : on « voit » les lutins, le sapin devenu vivant, les toiles d’araignée argentées muées en guirlandes. De là viendraient, selon lui, le sapin illuminé et les cadeaux déposés à son pied. Il évoque même la coupole du champignon qui, à maturité, se renverse en coupe et recueille la rosée du matin — un breuvage qu’il rapproche de la coupe du Graal.
De l’acacia au DMT
Le fil se resserre ensuite autour de la symbolique maçonnique. Sylvain rappelle que le DMT se retrouve aussi dans l’acacia — plus précisément dans l’acacia confusa (Asie), l’acacia tenuiflora (Amérique du Sud) et l’acacia nilotica (Afrique du Nord et Moyen-Orient), soit trois espèces, encore le chiffre trois. Selon les sources qu’il a consultées, l’acacia aurait servi à certains maîtres maçons pour aller « plus loin que le voile ». Il ajoute que la glande pinéale sécrète naturellement du DMT à la naissance, à la mort et dans les états mystiques profonds — d’où son surnom d’« hormone de l’esprit ». Sylvain partage alors, avec beaucoup de prudence, sa propre expérience, vécue dans un cadre supervisé par un médecin. Il en retient que notre vie ne serait qu’une pièce de théâtre, le vrai monde se trouvant de l’autre côté. Les deux animateurs insistent : ce n’est pas une incitation à consommer quoi que ce soit, et rien de tout cela n’appartient à la maçonnerie.
« Dieu, ce n’est pas une personne. En fait, Dieu s’expérimente à travers nous tous, on en fait tous partie. »
— Sylvain
Noël, la Saint-Jean d’hiver et le retour de la lumière
La seconde moitié revient au sens de la fête. Le mot « Noël » vient du latin natalis, la naissance. Le 21 décembre, jour le plus court de l’année, marque la renaissance du soleil ; les saturnales romaines et le Sol Invictus du 25 décembre s’étiraient jusqu’au 6 janvier, un cycle que l’on retrouve aussi chez les Celtes, les Germains et les Slaves. Jésus, rappellent-ils, n’est pas né un 25 décembre : la date fut fixée par le pape Libère en 354. Vient ensuite la Saint-Jean d’hiver — celle de Jean l’évangéliste, autour du 27 décembre — et le fameux « Au commencement était le Verbe ». Sylvain relie tout cela au chemin maçonnique : passer de la tête au cœur (il évoque les « trois cerveaux »), apprendre à mourir à soi-même comme dans le Livre des morts égyptien, sortir des ténèbres vers la lumière de l’orient, puis se rassembler autour du banquet d’ordre. Entre deux réflexions, place aussi aux nouvelles : le passage de Franco à l’émission Le Fat Pack (sur baladoquebec.com) pour démystifier la franc-maçonnerie, et la sortie de « L’à-peu-près dictionnaire de la franc-maçonnerie » de Philippe Benhamou et Jean-Laurent Turbet. L’émission se referme sur les vœux du frère Sylvain.
« Que l’amour règne sur la terre, que la paix soit parmi les hommes. »
— Sylvain
Chapitres
Sujets : Podcasts
